Quand Hal écrira nos livres

Extrait d’une conversation de retrouvailles avec Amicie.

– Qu’est ce que vous avez pu louper ?
– Oui, cela fait longtemps que je ne vous avais pas vu ? Racontez-moi un peu…
– Je commencerai par cette lecture édifiante en juillet d’un article sur un projet, dont j’ai des difficultés à trouver un adjectif pour le qualifier : effrayant, triste, inquiétant, troublant, passionnant, inutile, n’hésitez pas à compléter après lecture ! Short Edition, une société française travaille actuellement, au développement d’un Algorithme français de prédiction de la qualité littéraire d’un livre ! Cela s’appuie sur la technologie de la Machine learning, mêlant Big data et Data mining. Une machine stocke des dizaines de milliers d’œuvres littéraires dont on dispose d’une évaluation par des lecteurs. Passons ensuite sur la façon dont la machine apprend, les critères, les filtres imposés, mais à l’arrivée celle-ci va pouvoir lire les manuscrits et en faire une première sélection qui sera proposée à un Comité de lecture humain (ouf !). Pour les détails, je vous propose d’aller voir par vous même  L’article dans Actualitté  
Mais réfléchissons un peu. Si c’est une machine qui va sélectionner les livres qui seront jugés dignes d’être lus par vous dans les années à venir, nous pouvons bien sûr imaginer qu’on lui aura aussi injecté les critères pour obtenir un prix littéraire (l’édition va alors devenir le champ de bataille d’une vraie guerre du style flash trading), mais encore plus fort pourquoi ne pas imaginer simplement que c’est elle qui écrira le livre ? Et l’auteur humain ne sera plus qu’un souvenir.

– Je hais cet algorithme !

– On pourrait aussi créer des machines pour lire ces livres !